La photographie est là pour nommer.
Au Museo de Arte Moderno de Barranquilla, ce travail a été présenté sous la forme
de projections videonumériques sur 3 murs.
Sur le premier, mes images, en noir et blanc.
Sur le second, et formant un angle avec le premier mur, les images en couleur faites
par les employés des entreprises.
Ces deux premières représentations s'interpellaient et se répondaient par un croisement
de regards sur les même mondes observés. Afin de provoquer un contexte de réflexion
Dans mon parcours de vie, j'ai très souvent exercé des métiers durs. Manoeuvre sur des
chantiers de constructions, ouvrier sur des chaînes, manutentionnaire...etc...
Durant ces périodes, j'ai toujours porté une analyse intérieure critique, sur la condition
du travail et son acceptation par l'homme.
A Barranquilla, j'ai donc tenté d'inscrire ce que je percevait, par ma photographie, sur la place
de l'être face au travail, et parfois sa perte et son oubli, comme plongé en un régime d'occultation.
Il m'a paru indispensable d'obtenir des images réalisées par les employés.
Pour être supportés, les métiers les plus difficiles ont besoin d'être revalorisés par ceux-la
mêmes qui les exercent. Leurs images ne montrent pas la répétition, le bruit, la plainte
des corps ni le sentiment de privation de liberté.
Sur un troisième mur, j'ai projeté des travaux personnels plus anciens sur des univers de travail liés au mondes Caribéen et Atlantique: la canne à Sucre sur l'habitation du Galion en Martinique
et les dockers de Pointe-Noire au Congo
David Damoison. 2010