"Dealers of Copper". Aglogbloshie, Accra, Ghana.
Lors de mon séjour au Ghana a Accra en Janvier 2008 pour le reportage sur la coupe d’Afrique
des Nations de football, j’ai fait la connaissance d’un chauffeur de taxi qui a voulu me montrer autre chose que le foot .
Il m’a conduit dans le quartier d'Aglogbloshie market : une fois sur place, j’ai été envahi
par l’odeur de gaz qui m’étouffait, la fumée noire m’empêchait de voir la ligne de l’horizon.
Sur ces lieux, j’ai fait la connaissance de Yaw et ses copains, des adolescents qui travaillent
tous les jours .
Yaw et ses copains brûlent les contenu des ordinateurs arrivés par bateau depuis l’Europe
au port de Tema pour récupérer les métaux et les revendre à des commerçants qui
les acheminent à nouveau vers l’Europe.
J’ai passé plusieurs jours dans un premiers temps avec ces adolescents, dès 6 heures
le matin jusqu’au coucher du soleil, j’ai partagé leur lieu de travail, leurs joies et leurs
angoisses, leur lutte pour la suivie. Huit mois plus tard de la même année je suis retourné
dans le quartier d’Aglogbloshie market pour tenter de comprendre le business du copper .
Je demande a l'ami Saydou qui est dealer de copper "mais! dis-moi, que faites vous avec
le copper ?" il sourit, et dit me dit , "mais tu sais ce sont les blancs qui achète ça" .
je lui demande "ou sont-il ?" il me dit qu’"ils ne viennent jamais ici" . je lui pose la question:
"mais comment ils achètent ça alors ?" il me regard et me pose la questions , "mais tu est journaliste?"
je lui réponds que non , et que j ‘aimerais faire le même business au Burkina -Faso .
il continu en me disant que le copper est racheté par des nigérians et les ghanéens
et ensuite mis dans les bateaux pour l'Inde, la Syrie, le Liban et d’autre pays d'Europe
qu’il ne connaît pas. Une partie aussi est ensuite utilisée pour fabriquer
des bijoux, des boucles d'oreilles, des bracelet et des bagues de mariage.
Il fini en me disant que le kg de copper est 2 pounds
J’ai établi avec eux un lien de confiance qui m’a permis de réaliser le reportage.
Le reportage porte sur les jeunes qui sont exposés tous les jours aux fumées et aux
gaz des métaux et des déchets brûlés, qui ont des conséquences très graves sur
la santé au niveau respiratoire, gastro-intestinale et dermatologique.
Mon intention est donc de montrer ces lieux, de témoigner de leur existence et de montrer
à travers ces images qu’il est temps de se pencher sur le problème.
Mon investissement dans cette démarche perdurera.
J'ai traité ce reportage en couleur car j'ai voulu montrer les choses tel quelles sont ,
en une vision très réaliste. J'ai adopté une seule méthode de prise de vue :
les images prises sur le vif, en essayant le plus possible de minimiser l'impact de ma
présence sur le comportement des sujets.
Le but était de témoigner du présent, car je privilégie le goût du réel, le documentaire.
Dans mes images , j'ai recherché une attitude non pas neutre, mais naturelle, dans le but
d’éviter que les sujets cherchent à contrôler leur image, qu’ils posent devant l’objectif.
Je les ai photographiés dans leurs lieux de travail, avec une liberté de cadrage qui m'est propre. J’ai voulu ainsi donner une vision synthétique du phénomène.